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Port d'Agadir : des marchés lancés pour le terminal de croisière relancent le débat sur la reconversion du port
L'ANP a lancé des appels d'offres pour les études géotechniques et de stabilité du futur terminal de croisière du port d'Agadir, relançant le débat sur l'avenir de ses activités commerciales et de pêche.
Le projet d'aménagement du port d'Agadir revient sur le devant de la scène, après le lancement par la Direction des infrastructures et des études de l'Agence nationale des ports (ANP) d'un appel d'offres international portant sur le marché des investigations géotechniques relatives au terminal de croisière du port d'Agadir.
Selon les données disponibles, l'ANP a estimé le coût des travaux prévus dans l'appel d'offres à 17 888 970 dirhams. Les plis seront ouverts le 12 novembre prochain pour désigner l'entreprise attributaire de ce marché d'envergure. Le 3 novembre prochain, seront également ouverts les plis relatifs à l'« étude de stabilité sur modèle réduit du terminal de croisière du port d'Agadir », dont le coût a été fixé à 1 440 000 dirhams.
Toujours selon ces données, le projet concerne la mise à niveau du port d'Agadir à travers l'aménagement d'un terminal dédié aux grands navires de croisière. La ou les entreprises retenues réaliseront une étude de mise à niveau du port, et notamment du terminal de croisière, et élaboreront les scénarios possibles sur la base des données techniques, sédimentologiques et géologiques existantes.
Le lancement de ces appels d'offres pour des études techniques et géotechniques en vue d'un terminal pour grands navires de croisière a relancé le débat sur l'avenir du port d'Agadir dans son ensemble, et sur la question de savoir s'il s'agit de changer ses fonctions commerciales et de pêche au profit d'activités touristiques et de loisirs, un débat qui avait suscité, il y a quelques années, de profondes divergences entre les élus d'Agadir et de la région Souss-Massa en général.
L'avenir du port d'Agadir est au cœur de nombreux débats depuis des années, et de profonds désaccords entre les élus de la région de Souss-Massa-Drâa de l'époque, ce qui avait poussé les autorités de tutelle à reporter ce dossier à plus tard. Il semble que le moment soit venu de le rouvrir, mais cette fois sous une appellation moins sensible, de crainte de susciter des protestations.
Selon des sources, l'avenir du port d'Agadir est un dossier ancien et nouveau à la fois, qui revient régulièrement sur le devant de la scène, d'autant qu'il est apparu que plusieurs contraintes freinent son développement. Celles-ci posent de sérieux problèmes aux exportateurs et aux navires de croisière, qui peinent à accoster dans le port, ainsi qu'aux cargos chargés des produits agricoles destinés à l'export, le port devant être libéré de ses navires chaque fois qu'un grand navire d'exportation ou de croisière veut y entrer. Face à ces contraintes, l'option envisagée il y a quelques années était de délocaliser le port une fois achevé l'aménagement de la zone industrielle dédiée aux activités maritimes, ce qui impliquerait le départ du port de pêche et sa reconversion en port de plaisance et touristique.
Bien que l'option de délocaliser le port de pêche et les activités commerciales liées à l'export soit restée longtemps sur la table, sa mise en œuvre s'est révélée très difficile, car elle risquait d'ouvrir la voie aux tensions et aux protestations, notamment de la part des professionnels, des marins et des petits investisseurs, la reconversion de ce port signifiant aussi la remise en cause d'acquis et de la source de revenus de milliers de marins qui font vivre des dizaines de milliers de familles.
Les appels à la reconversion des activités du port refont régulièrement surface, ce qui montre que le transfert des professionnels vers une autre zone semble devenu inévitable. Certains associent même ce dossier à la vision d'un grand parti politique : le groupe de ce parti à la Chambre des conseillers avait déjà ouvert le dossier de la reconversion des activités du port d'Agadir lors d'une rencontre avec un ancien ministre de l'Équipement, du Transport et de la Logistique. Un conseiller parlementaire avait poussé son groupe à organiser cette journée d'étude, après avoir recueilli les signatures de plusieurs parlementaires pour appuyer le dossier de reconversion et de délocalisation.