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Imsouane : l'accès à l'eau potable et la gestion de l'assainissement freinent le développement du village de pêche
Malgré les chantiers menés par la coopérative des marins, le point de débarquement reste privé d'eau potable et dépendant de fosses traditionnelles qui se remplissent en moins de quinze jours.
La coopérative des marins d'Imsouane pour la pêche artisanale a lancé une série de réformes structurelles et d'initiatives propres visant à moderniser et à mettre à niveau les infrastructures du point de débarquement aménagé, relevant du ressort administratif de la délégation de la pêche maritime d'Agadir. Ces chantiers ont porté sur la réparation de la fabrique de glace afin de garantir la qualité des captures, la rénovation du réseau d'éclairage, la remise en peinture et l'embellissement des espaces portuaires, ainsi que l'installation d'un système avancé de caméras de surveillance pour renforcer la sécurité et protéger les biens des marins.
Malgré ces efforts logistiques, la situation environnementale et professionnelle du village de pêche « Imsouane » demeure marquée par de fortes contraintes. En tête de ces difficultés figure la problématique de l'assainissement : bien que l'Agence nationale des ports ait raccordé le point de débarquement aux canalisations d'assainissement, l'opération de raccordement n'a pas été achevée pour des raisons inconnues. La gestion des eaux usées et des sanitaires repose donc entièrement sur des fosses traditionnelles dites « matmoura ». La crise est aggravée par le fait que ces fosses se remplissent très rapidement, en moins de quinze jours, ce qui fait planer la menace d'une catastrophe environnementale et sanitaire aux alentours du point de débarquement.
La coopérative fait face à de nombreuses complications et à des frais élevés lorsqu'elle tente de vidanger ces fosses. Les professionnels sont contraints de s'acquitter de redevances au profit de la commune pour procéder à cette vidange, d'autant plus que les camions et équipements d'aspiration modernes doivent être acheminés depuis des villes éloignées comme Agadir, Essaouira ou Casablanca, faute de moyens logistiques disponibles sur place, ce qui consomme beaucoup de temps et alourdit les charges des professionnels.
Dans ce contexte, Hafid Boussenan, président de la coopérative des marins d'Imsouane pour la pêche artisanale, a affirmé que cette situation dégradée s'accompagne d'un autre obstacle tout aussi grave : l'absence totale d'eau potable à l'intérieur du port. Il a expliqué que ce déficit en eau engendre des complications importantes qui paralysent le déroulement normal des métiers de la mer et compromettent les conditions d'hygiène et de travail quotidien des marins, à bord de leurs embarcations comme dans les espaces de débarquement et de commercialisation, sans parler de la question des sanitaires.
Le président de la coopérative a appelé à sortir de la logique des solutions provisoires, soulignant que ces problématiques structurelles majeures exigent une intervention décisive associant l'Agence nationale des ports (ANP), les services du ministère de l'Équipement et de l'Eau et la collectivité territoriale. Selon lui, la conjugaison des efforts de ces trois parties est seule à même de traiter le problème à la racine et de raccorder le port aux réseaux d'eau et d'assainissement liquide, afin de mettre définitivement fin aux situations d'improvisation et de valoriser le village d'Imsouane.